Traits d'union : « c'est-à-dire », « rendez-vous », « quasi militaire »
Le trait d'union ne s'entend pas. C'est ce qui en fait un piège idéal, et notre deuxième faute la moins repérée, toutes catégories confondues.
La faute qu'on ne voit pas
- « c'est à dire » : 22,1 % (738 joueurs)
- « un rendez vous » : 70,1 % (769 joueurs)
- à l'inverse, un trait d'union en trop se repère bien mieux : « demis-mesures » est trouvé par 99,1 % des joueurs.
Les locutions qui s'écrivent soudées
Les plus courantes, et les plus oubliées :
- c'est-à-dire (deux traits d'union)
- peut-être quand il signifie « probablement » : à ne pas confondre avec peut être, le verbe pouvoir suivi de l'infinitif (cela peut être vrai)
- au-delà, au-dessus, au-dessous, ci-dessus, là-bas, là-haut
- vis-à-vis, tête-à-tête, face-à-face (comme noms)
- avant-hier, après-demain
Le nom composé et le verbe qui lui a donné naissance
✓ Nous nous donnons rendez-vous demain. / Ils se sont donné rendez-vous.
Le nom prend le trait d'union.
✓ Il se rend vous savez où.
Le verbe « se rendre » conjugué : aucun trait d'union.
Même logique pour un savoir-faire, un laisser-aller, un va-et-vient, un porte-parole : le nom est soudé, la tournure verbale ne l'est pas.
Le cas « quasi », qui piège même les bons
✘ une atmosphère quasi-mystique
✓ une atmosphère quasi mystique
« Mystique » est un adjectif : pas de trait d'union.
Ce point nous a valu un échange avec un joueur en juillet 2026 : la graphie attendue était bien quasi mystique, avec une espace, et l'Académie écrit de la même façon une discipline quasi militaire.
Les mots composés au pluriel
Dernier écueil : dans un nom composé, seuls le nom et l'adjectif peuvent prendre la marque du pluriel. Le verbe et la préposition, jamais.
✘ des portes-manteaux
✓ des porte-manteaux
« Porte » est ici un verbe : il ne s'accorde pas. Seul « manteaux », qui est un nom, prend le pluriel.
✘ des gardes-manger
✓ des garde-manger
« Garde » est un verbe et « manger » un infinitif : rien ne s'accorde. Les rectifications de 1990 admettent cependant « des garde-mangers ».
Ce dernier exemple nous a d'ailleurs valu une contestation fondée d'un joueur en juillet 2026 : nous avions compté garde-mangers comme une faute alors que 1990 l'autorise. Nous avons retiré la faute du barème et recalculé les scores.