Chasse aux Fautes

Conseils d'orthographe

La réforme de 1990 : ce qui a changé, et ce qui reste admis

Trente-cinq ans après, les rectifications de 1990 restent mal connues. Elles n'ont rien supprimé : elles ont ajouté une graphie à côté de l'ancienne, qui demeure valable.

Ce que 1990 a réellement changé

Les rectifications orthographiques publiées au Journal officiel en 1990 ne sont pas une réforme au sens strict : elles proposent des graphies recommandées sans interdire les anciennes. L'Académie française les a approuvées, et précise que ni l'une ni l'autre ne peut être tenue pour fautive.

La règle. Aucune graphie traditionnelle n'est devenue incorrecte. Pour une dictée, un examen ou un texte soigné, les deux formes sont acceptables. C'est le principe que nous appliquons : un mot à double graphie admise ne peut jamais coûter de point à un joueur.

Les cinq changements principaux

1. L'accent circonflexe sur i et u

Il devient facultatif : paraitre, couter, ile sont admis à côté de paraître, coûter, île. Mais il est maintenu quand il distingue deux mots : sûr (adjectif) contre sur (préposition), contre du, mûr contre mur, et dans les formes du passé simple et du subjonctif.

Point capital : le circonflexe sur a, e et o n'est pas concerné. Pâte ne devient jamais patte, forêt ne devient jamais foret. Ce sont des mots différents.

2. Les mots soudés

Beaucoup de composés perdent leur trait d'union : portemonnaie, weekend, piquenique, millepatte. Les formes traditionnelles restent parfaitement valables.

3. Le pluriel régularisé

Les noms composés du type verbe + nom prennent le pluriel sur le second élément seulement : des garde-mangers, des après-midis, des pèse-lettres. Les mots empruntés suivent le pluriel français : des scénarios, des matchs, des sandwichs.

4. L'accent grave à la place de l'aigu

Devant une syllabe contenant un e muet : évènement, cèdera, règlementaire. Événement reste évidemment correct, c'est le doublet le plus visible de toute la liste.

5. Quelques anomalies corrigées

Nénufar (avec f, sa graphie d'origine), ognon, charriot aligné sur charrette, imbécilité aligné sur imbécile.

Les mots que vous croiserez le plus souvent

Une centaine de mots concentrent l'essentiel des cas rencontrés dans la vie courante. Les voici, graphie traditionnelle puis graphie rectifiée :

  • événement / évènement  ·  céderait / cèderait  ·  réglementaire / règlementaire
  • oignon / ognon  ·  nénuphar / nénufar  ·  chariot / charriot
  • paraître / paraitre  ·  coût / cout  ·  s'entraîner / s'entrainer
  • porte-monnaie / portemonnaie  ·  week-end / weekend  ·  pique-nique / piquenique
  • des scénarii / des scénarios  ·  des matches / des matchs

Dans les deux colonnes, tout est correct. C'est la seule chose à retenir.

Pourquoi l'école continue d'enseigner l'ancienne graphie

Les programmes scolaires français mentionnent les rectifications depuis 2008, et les recommandent depuis 2015. Dans les faits, beaucoup d'enseignants continuent d'enseigner les formes traditionnelles, pour une raison pratique : les dictionnaires, les livres et la presse les emploient encore majoritairement. Un élève qui écrit nénufar a raison, mais il aura à l'expliquer.

C'est aussi pourquoi ces mots font d'excellents sujets de discussion et de très mauvais pièges de dictée. Une faute doit être une faute pour tout le monde.

Comment nous traitons ces mots dans le jeu

Une dictée ne peut pas pénaliser un joueur qui suit une norme officielle. Nous maintenons donc une liste de doublets admis, clé/clef, oignon/ognon, événement/évènement, les nombres avec ou sans traits d'union, et un mot de cette liste ne compte jamais comme une faute, dans aucun sens. Si vous cliquez dessus, le clic est neutralisé : ni point gagné, ni point perdu.

Nous allons plus loin depuis juillet 2026, avec des variantes propres à chaque texte : certaines graphies ne sont acceptables que dans une phrase donnée. La pâte qu'il a laissée durcir en est le meilleur exemple : l'accord classique et l'invariabilité de 1990 sont tous deux recevables ici, alors que laissée ailleurs, sans infinitif derrière, resterait une vraie faute.

Le réflexe. Ne cliquez jamais sur un mot au seul motif qu'il vous semble « écrit à l'ancienne » ou « écrit à la nouvelle mode ». Les deux normes coexistent, et dans nos dictées elles ne coûtent rien.