Chasse aux Fautes

Conseils d'orthographe

a ou à, et ou est, ce ou se : les homophones grammaticaux

Ce sont les fautes les plus fréquentes du français écrit, et les plus faciles à éliminer : chacune se règle en remplaçant le mot par un autre, dans sa tête, en une seconde.

Le principe : la substitution

Ces mots n'ont rien en commun sinon leur prononciation. Ils appartiennent à des catégories grammaticales différentes, ce qui donne un moyen infaillible de les départager : remplacer par un mot de la même catégorie, et écouter si la phrase tient encore.

La règle. Pour chaque couple, il existe une substitution qui ne fonctionne qu'avec l'une des deux graphies. Apprendre la substitution vaut mieux qu'apprendre la règle : elle s'applique en une seconde, sans analyse grammaticale.

a ou à

a est le verbe avoir ; à est une préposition. Mettez la phrase à l'imparfait : le verbe devient avait, la préposition ne bouge pas.

✘ Il a pris le train a huit heures.

✓ Il a pris le train à huit heures.

« Il avait pris » fonctionne pour le premier ; « le train avait huit heures » ne veut rien dire.

et ou est

et relie ; est est le verbe être. Remplacez par était, ou par et puis.

✘ Le pain et sur la table et le vin aussi.

✓ Le pain est sur la table et le vin aussi.

ce ou se, c'est ou s'est

se accompagne toujours un verbe pronominal ; ce est un déterminant ou un pronom démonstratif. Remplacez par me ou te : si la phrase tient, c'est se.

✘ Il ce lève tôt, se n'est pas facile.

✓ Il se lève tôt, ce n'est pas facile.

« Il me lève » n'a pas de sens ici mais la construction est la même : c'est bien « se ».

✘ Il c'est trompé de route.

✓ Il s'est trompé de route.

« Il m'est trompé » ne se dit pas, mais « il s'était trompé » oui : c'est le pronominal.

ces ou ses

ces désigne (pluriel de ce, cette) ; ses possède (pluriel de son, sa). Mettez au singulier.

✓ Ces livres sont à lui, ce sont ses livres.

« Ce livre » pour le premier, « son livre » pour le second.

on ou ont, son ou sont

Deux couples, un seul test : mettez à l'imparfait. ont devient avaient, sont devient étaient. on et son, eux, ne changent pas.

✘ Ont a vu qu'ils on raison.

✓ On a vu qu'ils ont raison.

✘ Sont frère et sa sœur son partis.

✓ Son frère et sa sœur sont partis.

la, là, l'a

la est article ou pronom ; indique un lieu (remplaçable par ici) ; l'a contient le verbe avoir (remplaçable par l'avait).

✘ Il la posé la, sur l'étagère.

✓ Il l'a posé là, sur l'étagère.

« Il l'avait posé ici » : les deux substitutions passent.

ou, où

ou propose un choix (remplaçable par ou bien) ; indique le lieu ou le moment.

✘ Le jour ou nous partirons, en train ou en voiture.

✓ Le jour où nous partirons, en train ou en voiture.

leur ou leurs

Celui-ci n'est pas un homophone à proprement parler, mais il relève du même réflexe. Pronom personnel, leur est invariable : il équivaut à lui au pluriel et se place devant le verbe. Déterminant possessif, il s'accorde avec ce qui est possédé.

✓ Je leur ai rendu leurs livres.

« Je lui ai rendu » : pronom, invariable. « Leurs livres » : plusieurs livres, donc s.

✓ Ils ont pris leur voiture.

Une seule voiture pour tous : singulier. Le nombre suit l'objet possédé, pas les possesseurs.

Pourquoi ces fautes-là résistent

Elles ne relèvent pas de l'ignorance : presque tout le monde connaît la différence entre a et à. Elles relèvent de la vitesse. La main écrit plus vite que la relecture, et l'œil qui relit reconstitue le sens sans regarder les lettres.

C'est exactement pourquoi nous en plaçons dans nos dictées : elles mesurent moins votre grammaire que votre attention. Et c'est aussi pourquoi une lecture à voix haute ne les révèle jamais, les deux graphies se prononcent pareil.

Le réflexe. Une seule habitude à prendre : à la relecture, mettez mentalement la phrase à l'imparfait. Elle fait apparaître d'un coup a / à, on / ont, son / sont, et / est et l'a / .
Pour s'entraîner sur de vrais textes. Nos dictées en contiennent presque toujours au moins un :