Les 18 pièges d'orthographe les plus courants en français
Accord du participe passé, homophones, pluriels piégeux, adverbes en -ment : voici les fautes que les Français font le plus souvent, avec la règle simple à retenir et un exemple à chaque fois.
1. L'accord du participe passé — la faute n°1 des Français
Plus de 70 % des fautes d'orthographe relevées dans les écrits professionnels portent sur l'accord du participe passé. La règle est en réalité simple à formuler — c'est son application qui réclame de ralentir une seconde.
Avec « être » : accord avec le sujet
✘ Elles sont parti tôt.
✓ Elles sont parties tôt.
Avec « avoir » : accord avec le COD placé avant
✘ Les lettres que j'ai écris.
✓ Les lettres que j'ai écrites. (le COD « que » = « les lettres » est avant : accord)
✓ J'ai écrit des lettres. (le COD « des lettres » est après : pas d'accord)
Verbes pronominaux : un cas particulier
✓ Elle s'est lavée. (« se » = COD avant le verbe : accord)
✓ Elle s'est lavé les mains. (le COD « les mains » est après : pas d'accord)
Suivi d'un infinitif : qui fait l'action ?
✓ Les étoiles que nous avions vues filer. (ce sont les étoiles qui filent : accord)
✓ Les chansons que j'ai entendu chanter. (les chansons ne chantent pas, elles sont chantées : pas d'accord)
✓ La cantatrice que j'ai entendue chanter. (c'est elle qui chante : accord)
Deux exceptions à connaître, et ce sont elles qui brouillent tout le reste. « Fait » ne s'accorde jamais devant un infinitif : les robes qu'elle a fait faire. Et « laissé » peut rester invariable dans tous les cas depuis les rectifications de 1990 : la pâte qu'il a laissé durcir comme laissée durcir. Beaucoup de monde étend ces deux exceptions à « vu » et « entendu », qui eux suivent bel et bien la règle ci-dessus.
Le détail de ce cas, avec la méthode pour déplier la phrase et nos chiffres de repérage.
2. Les homophones grammaticaux
Ces mots se prononcent à l'identique mais ne s'écrivent pas pareil. C'est la grammaire — pas le son — qui tranche. Une fois la substitution mentale acquise, on ne se trompe plus.
a / à
✓ Il a un chien. → « Il avait un chien. » fonctionne.
✓ Il va à Paris. → « Il va avait Paris. » ne fonctionne pas.
ou / où
✓ Thé ou café ? → « Thé ou bien café ? » ✓
✓ Le café où je vais. → indique un lieu.
ces / ses / c'est / s'est / sais / sait
Les six s'écoutent pareil mais désignent des choses très différentes. Voici l'arbre de décision en trois questions.
- C'est-à-dire « cela est » ? → c'est.
- Verbe pronominal au passé (« il s'est tu ») ? → s'est.
- On désigne en disant « ces choses-là » ? → ces. Sinon on parle de possession (« les siens ») → ses.
- Verbe « savoir » ? → sais (je/tu) ou sait (il/elle).
✓ C'est dommage qu'il ait perdu ses clés ; ces clés étaient neuves. Il sait qu'il s'est trompé.
son / sont
✓ Son chien et son chat sont amis.
on / ont
peu / peut / peux
Peu = pas beaucoup (« un peu de pain »). Peut/peux = verbe pouvoir. Astuce : si on peut remplacer par pourrait, c'est peut.
quand / quant / qu'en
Quand = au moment où (« quand il pleut »). Quant à = en ce qui concerne (« quant à moi »). Qu'en = « que…en » (« qu'en penses-tu ? »).
la / là / l'a
La = article ou pronom (« la maison », « je la vois »). Là = lieu, avec accent. L'a = « le/la… a » (« il l'a vu »).
Mettez vos réflexes à l'épreuve
Une nouvelle dictée chaque jour, lue à voix haute. Repérez les fautes cachées dans le texte : 5 minutes par jour, c'est suffisant pour entretenir son orthographe.
Faire la dictée du jour3. Les pluriels irréguliers
Le français aime les exceptions. Voici les familles à mémoriser une fois pour toutes.
Les noms en -ou : 7 prennent un X
Les noms en -ou font normalement leur pluriel en -ous (un trou → des trous). Sauf sept exceptions à mémoriser comme une comptine :
Bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou prennent un X au pluriel.
Les noms en -al → -aux (avec exceptions)
Cheval → chevaux, journal → journaux. Mais : bal, carnaval, chacal, festival, récital, régal font leur pluriel en -als.
Les noms en -ail : généralement -ails, sauf 7
Détail → détails. Mais sept noms font leur pluriel en -aux : bail, corail, émail, soupirail, travail, vantail, vitrail.
Les noms composés : règle au cas par cas
Seuls les éléments variables (noms et adjectifs) prennent la marque du pluriel. Les verbes, prépositions et adverbes restent invariables.
✓ Des coffres-forts (nom + adjectif → les deux s'accordent).
✓ Des arcs-en-ciel (nom + préposition + nom — seul le premier nom s'accorde).
✓ Des porte-monnaie (verbe + nom — verbe invariable, et « monnaie » au singulier car il s'agit d'un porte-monnaie qui contient de la monnaie en général).
4. Les adverbes en -ment
Trois suffixes selon la finale de l'adjectif. Une fois la mécanique comprise, on ne se trompe plus.
Adjectif en -ent → adverbe en -emment
✓ Évident → évidemment. Récent → récemment. Prudent → prudemment.
Adjectif en -ant → adverbe en -amment
✓ Courant → couramment. Suffisant → suffisamment. Bruyant → bruyamment.
Autres adjectifs → -ement
On part du féminin de l'adjectif et on ajoute -ment.
✓ Doux → douce → doucement. Heureux → heureuse → heureusement.
5. Les accents qu'on oublie
« à » en début de phrase ou en majuscule
Contrairement à une idée reçue, les majuscules s'accentuent en français. « À bientôt » avec accent — pas « A bientôt ». L'Académie française est formelle sur ce point.
« dû » avec accent au masculin singulier
Le participe passé du verbe devoir prend un accent circonflexe au masculin singulier : dû. Aux autres formes, pas d'accent : due, dus, dues. La règle évite la confusion avec l'article contracté « du ».
Les e accents : aigu vs grave
Règle de prononciation simple : é se prononce [e] (fermé), è se prononce [ɛ] (ouvert). En cas de doute, on lit à voix haute.
6. Pièges de conjugaison
Le futur et le conditionnel : -ai vs -ais
« Espérer que » : subjonctif ou indicatif ?
Contrairement à la plupart des verbes de souhait, espérer que est suivi de l'indicatif (souvent au futur) et non du subjonctif. On écrit « J'espère qu'il viendra » et non « J'espère qu'il vienne ».
L'impératif : -e ou -es ?
À la 2e personne du singulier des verbes du 1er groupe, l'impératif ne prend pas de S : « mange ta soupe », pas « manges ta soupe ». Sauf devant les pronoms « en » ou « y » pour la liaison : « manges-en », « vas-y ».
Et la cerise : les fautes qui agacent
« Au temps pour moi » — pas « autant »
L'expression vient du commandement militaire « au temps ! » qui signifie qu'on reprend un mouvement à son début. On reconnaît son erreur, on reprend depuis le début. La graphie « autant pour moi » est tolérée par certains dictionnaires, mais l'Académie française recommande « au temps pour moi ».
« Pallier quelque chose » — pas « pallier à »
Pallier est un verbe transitif direct. On pallie un problème, on ne pallie pas à un problème.
« Aller à vélo » ou « en vélo » ?
La règle classique veut « à » quand on est dessus (à pied, à cheval, à vélo) et « en » quand on est dedans (en voiture, en train). L'usage « en vélo » est largement répandu et toléré, mais « à vélo » reste la forme la plus correcte.
« Malgré que » — déconseillé
La conjonction malgré que est critiquée par les grammairiens depuis le XIXe siècle. On lui préfère « bien que » ou « quoique », suivis du subjonctif : « bien qu'il pleuve ».
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